samedi 17 novembre 2012

Gomis


Gomis est arrivé à l'OL au début d'une saison puélienne, il était stéphanois, lent, trop souvent maladroit. Au bout de quelques mois, Gerland l'avait dans le nez. Le gars, lui, faisait profil bas... Il finit par se racheter petit à petit, en trouvant un rôle de pivot où l'envergure de son postérieur faisait merveille. Puis, sa faculté à claquer des buts utiles dans des matches anonymes mais rémunérés à trois points acheva de rendre sympathique ce joueur qui restera pour moi le seul à avoir progressé (par lui-même ?) sous le coaching de Puel. Rétrospectivement ce n'est pas un mince exploit. Il ne marquera pas durablement l'histoire de l'OL, il énerve encore souvent, mais reste ce joueur régulier qui finit toujours par claquer à droite à gauche. 
Il a marqué mercredi dernier à Parme le but victorieux de l'équipe de France. Concrètement, on s'en fout, certes, mais imaginer que cela a dû lui faire rudement plaisir me fait assez plaisir également. 
A cette sympathique jeune fille rencontrée un soir de victoire au Parc en Coupe aussi, j'imagine... 

jeudi 15 novembre 2012

Bilbao, déplacement vintage

Les années ne soignent guère la nostalgie et je ne sais pas bien pourquoi mais chaque 31 octobre me ramène à Rome où l'OL terrassa la Lazio en 1995. C'était mon premier déplacement européen et quelques autres ont suivi depuis. L'ambiance d'un Olimpico à demi rempli n'avait rien à voir avec l'ambiance qui nous accueillit en 2007 avec la Roma, mais nous étions en Italie et pour la première fois depuis 35 ans l'OL jouait un club italien. Ce fut un premier voyage véritablement épique, un vrai trip dans un grand pays de culture de tribune pour la plupart d'entre nous. La police italienne, casquée de bleu ciel, la bande rouge sur la couture du pantalon, le foulard autour du cou roulait les mécaniques, on ne se sentait pas franchement bienvenus mais on percevait bien qu'en cas de problème cela pouvait pleuvoir sec. Drôle d'impression. Parcage étalé, guère organisé, mais complètement détraqué sur les deux buts. Les déplacements suivants en Italie confirmèrent cette impression. La police cherche à intimider, elle y a du répondant, sans finesse mais une partie de la tribune semble vous appartenir tant que la ligne blanche n'est pas franchie. La police y semble dans une logique de gestion et d'affrontement dont les limites ne sont pas celles que l'on connait en France.

Côté Pays Basque, je ne connais guère le principe mais l'Ertzaintza ne fait guère rigoler, il faut dire que pendant de longtemps, les questions d'émeutes urbaines ont du leur donner pas mal de fil à retordre... Basques, masques, casques (... et Bergamasques), leur entrée dans la tribune lyonnaise après les tensions consécutives au premier but (Gomis en première mi-temps) calma sérieusement les esprits. Comme je le fis remarquer à un stadier local, pourtant costaud comme un basque, avec la police c'est plus très fair-play... Le reste du match se passa finalement sans encombre, malgré les chants pro Ultra Sur des mecs du Nord, San Mames cessa de s'indigner et les gamins de l'autre côté du filet ne se fatiguèrent plus à agiter leurs drapeaux pour le rassemblement des prisonniers de l'ETA dans les prisons du Pays Basque. Auparavant la journée avait été chargée : quelques agressions de supporters lyonnais dans le casco viejo par des ultras de Bilbao à la recherche des fameux copains des US, une arrivée du bus des joueurs de l'Athletic salué par des fumigènes rouge et vert et pour couronner le tout une charge des indep' Bilbainos vers le parcage lyonnais une heure avant le match qui fut dispersée déjà par l'Ertzaintza. Nous étions deux à arriver derrière ce groupuscule casual qui prit ses jambes à son cou après avoir balancé un fumi sur la camionnette des flics.

Moyennant 60 euros, vous obtenez l'accès à votre parcage de San Mames et avez le loisir de suivre le match derrière un filet qui vous gâche bien la vue, mais auparavant la sécurité vous a demandé de retirer vos chaussures pour inspecter celles-ci... Plus qu'un accueil, une démonstration d'hospitalité ! La Cathédrale de San Mames a ceci de respectable qu'il s'agit d'un stade très à l'ancienne avec quelques piliers au milieu de la tribune latérale. Le parcage se trouve au rez de chaussée, sous le virage supérieur, c'est une cage à lapin confinée où l'on a l'impression de pouvoir toucher le plafond. Ca permet à la zone de résonner comme il faut, ce qui finit toujours pas encourager les Gones à chanter plus fort. Finalement, il ne s'est pas passé grand chose mais la soirée n'eut rien de très "carton-bleu", au contraire. Ambiance un peu bête et méchante - à l'ancienne - puis enthousiasme légitime et rafraichissant tout au long d'un match à rebondissement... un match de l'OL début saison 2013, finalement. Après tant d'années à crever de haine face à l'apathie lyonnaise récurrente sur les pelouses, on finit par être surpris par cette envie de jouer et de gagner souvent naïve qui prend nos Gones cette saison. La "cathédrale" resta silencieuse et les 200 Gones du parcage profitèrent de l'aubaine pour faire entendre leur joie. La mobilisation n'avait rien de grandiose mais au moins le passage à la C3 a nettoyé les parcages des touristes squattant les zones visiteurs lors des déplacements "prestigieux"de C1. Reste aux groupes Nord et Sud de retrouver cette envie de se déplacer en Coupe d'Europe, de s'approprier à nouveau ce club et de le pousser au cul comme il semble l'aimer depuis quelques mois. A la fin du match, tous les joueurs sans exception vinrent partager la joie du parcage en restant un bon moment sur la pelouse. Classe ultime : le retour de Grenier, fraîchement douché une demie heure après le match qui vint offrir son maillot (qui, coup de bol échut à un gone assidu des déplacement européens). Il fallut bien 45 minutes pour sortir du stade, aller voir les joueurs pour nous puis soigner à la caña les cordes vocales endolories avec des copains belges et du Nord. 

L'Athletic, quant à lui, avait atteint la finale de la C3, balayé par l'armada latino de l'Atletico à Bucarest, on peut légitimement penser que le calendrier s'allègera plus tôt pour eux cette saison. Le club galère, Llorente est puni, il boude et cire le banc, le pressing est léger, c'est très laborieux et après 4 matches les Basques sont derniers du groupe avec un seul point. Du côté de la culture, en revanche, la "néo-trendy" Bilbao semble toujours plus fière de son Athletic, malgré l'avènement de la culture qui a secoué la cité industrieuse et grise du passé. Les couleurs rouge et blanc sont omniprésentes sans être envahissantes, les souvenirs des décennies passées restent à l'honneur. Les maillots du Barça sont rarissimes, ceux du Real Madrid n'ont visiblement pas droit de citer. 

Au final... une victoire de plus à rajouter à l'impressionnante liste des conquêtes lyonnaises depuis 20 ans en Europe. Qu'importe le silence radio des médias, gagner à San Mames reste une authentique performance. 



lundi 1 octobre 2012

Saudade : Juninho et Fred

N'aurais-je pas déjà expliqué ici ce qu'est la Saudade ? Aux confins de la langueur et de la nostalgie, la saudade est un sentiment très lusophone que l'on peut utiliser pour exprimer le sentiment d'un être qui vous manque.

Ce week-end, l'OL a échoué face à Bordeaux, bien aidé par l'arbitre qui a refusé un but valable à Lacazette à 0-1. C'est ainsi. C'est un match sans, où la réussite et la chance ont fui. Dans ces cas là, alors que l'automne pointe le bout de son nez rougi par le vent, on est alors assailli par ce sentiment de saudade en pensant à ces deux joueurs qui nous ont régalés à une époque.

Vasco, ce cher Vasco, l'a emporté 3-1 face à Figueirense avec deux passes décisives de Juninho (um passe açucarado do Juninho) et un but pour finir. Tranquille...

Quant à Fred, il a donné la victoire à Fluminense au stade Engenhao face à Flamengo et permis à Fluminense de consolider son leadership dans le Brasileirao. En Portugais, ce genre de but se dit golaço ! "com estilo, com precisao, com categoria !!"







jeudi 27 septembre 2012

Lille, son nouveau stade...

Lille s'est doté d'un nouveau stade, le premier en France qui ait une gueule de nouveau millénaire... Non pas qu'il soit original ou bien différent de ce qui se fait ailleurs, mais peut-être était il temps que la France ait autre chose à proposer que les machins rafistolés en 1998. De mon côté, le déplacement a commencé par un pèlerinage sur les anciens lieux du Lille que j'ai connu dix ans auparavant. Plus de Grimon' (rasé), plus de Taverne de l'écu, plus de friterie au stade, plus de boue sous les pieds ni à l'ourlet du jean. En lieu et place de tout cela, un accès par métro exemplaire, des rames toutes les minutes qui éclusent les 50.000 spectateurs comme qui rigole et un chemin goudronné, nickel, éclairé jusqu'au stade, bulle métallique un rien pneumatique, comme à Munich avec de vastes esplanades et une résidence étudiante en face. Admettons !

Accès au parcage visiteur : à côté de la guérite H ou I (qu'importe), entrez par une porte à l'opposé du stade, pénétrez l'environnement 100% béton et descendez deux étages. Vous voici dans le parking visiteur : 99% béton et 1% néon. Achetez votre place, prenez la direction de la petite porte au fond. Vous voici dans le sas face au hachoir. Ambiance Bienvenue à Gattaca matinée de Prince of Persia... Le béton reste très présent quoique le orange fluo de la combinaison du stadier égaie un peu l'ensemble. Passé le hachoir, voici la fouille par les stewards. Passée la fouille voici... la fouille, par les CRS. Puis les escaliers, vous voici face au stand de boissons et de sandwichs en plastique. Miam.

La tribune "visiteurs" est séparée en deux, par je ne sais quel accès à l'angle. Les choses se passent bien, le stade résonne, le public reprend gentiment deux "aux armes" par mi-temps et fait du bruit sur l'ouverture du score de Nolan Roux à la conclusion d'une action initiée sur un hors jeu de Debuchy en début de match. Ca commence moyennement et au niveau du jeu, cela rappelle les sombres heures des quatre dernières saisons. Approximations techniques, latéraux pris au piège des ballons dans leur dos, aucune frappe cadrée avant la 75ème (?!!) minute par Lacazette... Lille se crée des "situations" de buts plus que des occasions, même si Vercoutre dut même effectuer quelques miracles pour maintenir l'OL en vie, comme aux plus belles heures des deux premières saisons de Lloris chez nous. Une merveille. Seuls parfois Lisandro et Malbranque parvenaient à progresser dans l'entre jeu et à avancer un peu, en dépit d'un positionnement très bas. Les choses allaient donc mal quand survint le sauveur, Lisandro Lopez qui de trente mètres plaça une frappe au ras du poteau de Landreau autour de la 80ème minute. Le point du nul sonnait à la fois comme un miracle et une saine punition pour le Losc ayant musardé plutôt que de se mettre à l'abri. Lisandro pouvait mimer une énorme paire de couilles en toute légitimité !

Dans le parcage Lyonnais, quelques gueulantes se firent entendre en première mi-temps alors que Nord et Sud se livrèrent à quelques facéties en deuxième période, faute d'avoir mieux à faire. Il fallut bien entendu quelques 30 minutes pour avoir le droit de quitter les lieux. Une soirée plus que moyenne en définitive, une soirée de déplacement en France. 

Photo : Un tramway à Zagreb, un jour de victoire. 







mardi 4 septembre 2012

Obrigado Cris...

Le goût morbide des hommages est si fort chez le commun des mortels que Cris ne recevrait pas d'hommages bien différents s'il s'en était allé pour un monde meilleur plutôt qu'à Galatasaray. Il faut cependant reconnaître que c'est un des derniers pans d'une époque qui file avec notre zagueiro historique. Sauf erreur, des belles années ne restent plus que Réveillère et Vercoutre et ce n'est pas leur faire injure de dire qu'ils n'auront pas marqué le club de la même façon que notre sympathique défenseur lisse et tatoué. 

Cris a débarqué en remplacement d'Edmilson en 2004, venu direct de Cruzeiro et annoncé par Caçapa lui même comme "méchant". Il purgeait alors au Brésil une suspension de plusieurs mois pour quelques méfaits avérés lors du derby face à l'Atletico Mineiro je crois. Son arrivée fut spectaculaire. Il semblait aimanter le ballon et faire peur à tous ses adversaires. Sa réputation, ses tatouages (l'épiderme outrageusement dessiné était alors moins en vogue qu'aujourd'hui), son apparence intraitable et ses interventions tranchantes et fermes le firent entrer de plein pied dans la légende de la Ligue 1 des années 2000 et de l'OL en général. Derrière le meilleur milieu de terrain de France (et d'Europe ?), Cris jouait dans du velours et en imposait tellement qu'il se facilitait le boulot.
Le coup d'arrêt fatidique eut lieu à Toulouse en août 2007 quand il fut blessé par Elmander. La suite ne fut plus au niveau des premières années même si des saisons durant, Cris tint une place importante dans l'effectif et la défense à bout de bras derrière un milieu de terrain qui s'effilochait lui aussi sérieusement. 
Il semble que sa dernière prolongation de contrat l'ait un peu cantonné dans un confort pas tout à fait en adéquation avec la hargne nécessaire pour un défenseur. Les blessures ont grandement perturbé ses dernières saisons. 

En ce qui me concerne, Cris constituait le gage d'un voyage tranquille, à l'époque où l'Europe était encore un terrain de conquêtes, l'incarnation même de la solidité de l'OL au mitan des années 2000. Un joueur qui faisait parfois avancer à lui seul l'équipe et marqua des buts importants certains soirs où les attaquants n'étaient pas en verve. 

Cris restera désormais invaincu dans les derbies face à St Etienne. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi... (mille excuses pour la référence !). Je ne sais plus quel joueur stéphanois se fracassa la jambe sur celle de Cris en réduisant le score à 3-2 lors d'un derby disputé à Gerland. C'était ça Cris !!

Cris, ce n'est finalement qu'un seul carton rouge en 300 matches avec l'OL (quand je vous dis que sa réputation lui a grandement facilité les choses) et le regret de ne pas avoir laissé Fabio Santos finir Claude Puel un soir de déroute dans les vestiaires de Valenciennes. 




Obrigado Zagueiro !

lundi 3 septembre 2012

Trophée des Champions : OL - Montpellier... NYC

En fait de New York, c'était Harrison, le stade des NY Red Bulls (oui, ceux de Thierry Henry). A quelques encablures de Newark et son aéroport. Du New York de carte postale, il vous faut prendre le RER qui s'appelle PATH depuis le World Trade Center et filer dans le New Jersey. Pendant 20 minutes on aperçoit des routes, des marécages, des friches et des ponts métalliques. On finit par aboutir dans une zone industrielle désaffectée où se trouve le stade. Ca pourrait servir de décor à un film sur le hooliganisme mais c'est complètement tranquille, comme dans l'indifférence du bled au sens large (NYC, suivez...)

Rien à signaler, personne n'a apparemment eu à payer sa place (un copain qui bosse à NYC et qui n'en a rien à carrer avait reçu une invitation) mais le match était "sold out". Le rêve américain confidentiel. On pouvait croiser Thiriez à l'entrée, ou encore Lacombe. Il s'est mis à pleuvoir, mon épouse a grogné sous son parapluie. Une fois entrés dans le stade, nous avions l'embarras du choix pour les places, mais quand arrivait quelqu'un avec son billet estampillé au fessier de votre choix, il tenait à y prendre place. bizarre. Ambiance bonne enfant, des gars du Nord, des gars du Sud, les usual suspects qu'on s'attendait à trouver là mais aussi des Lyonnais du coin avec des maillots d'années antérieures. Il y a eu la hola, un enthousiasme de match de province, ce qui est bien le comble... et un speaker pointilleux annonçant avec emphase les cartons et les changements. Ca a fini en tour d'honneur dans un stade déserté de la moitié d'assistance qu'il avait fini par se forger au fil du match. Ca ne ressemblait pas à grand chose, mais finalement nous avons vu l'OL jouer un match officiel aux Etats Unis... Drôle de sensation finalement, une jolie anecdote. 


samedi 1 septembre 2012

Athletic Bilbao - OL

Le 8 novembre, l'OL jouera dans la Catedral de San Mames, l'un des stades assurément les plus mythiques d'Espagne. A n'en pas douter, l'Athletic sera le grand rival pour la qualification. Surclassé par l'armada sud-américaine de son jumeau Madrilène en finale de C3 en mai dernier, le club basque a mal commencé la saison, mais quand vient l'heure européenne, les équipes tendent à faire jouer leur expérience. C'est ce qui a permis à l'OL déclinant des dernières saisons de s'en sortir plus d'une fois en C1. 
Bilbao avait la réputation d'une ville industrielle sombre et moche. Le Guggenheim a changé, depuis 1997 la perception de tous (locaux compris). Et on y mange merveilleusement. 



Photo : Le Nervion, le fleuve de Bilbao et sur la gauche la vieille ville.